Saison 2014-15

En 2014-15 nous avons travaillé deux oeuvres magnifiques : le Gloria en ré majeur de Vivaldi (RV 589) et la Messe brève en sol mineur de J.S. Bach (BWV 235).
Deux concerts à Toulouse en juin 2015, chaque fois devant plus de 200 spectateurs, le dimanche 14 juin, à l’église St Exupère puis le jeudi 18 juin à la chapelle Sainte Anne.

L’orchestre de jeunes musiciens qui nous a accompagnés a également interprété le concerto en ré mineur pour hautbois de Albinoni (Opus 9, n° 2), avec, en soliste, Timothée Vendeville, ajouté donc au Gloria de Vivaldi et à la messe brève de Bach.

L’ensemble Voce Tolosa était dirigé par Olivier Perny, notre chef de choeur, avec, pour solistes : Pauline Larivière (soprano), Mireille Bertrand (mezzo), Paul Crémazy (ténor) et Antonio Guirao (baryton).

Voici quelques extraits audio :
Gloria de Vivaldi – Et in terra pax (choeur)
Messe BWV 235 de Bach – Kyrie (choeur)
Messe BWV 235 de Bach – Gloria (choeur)
Messe BWV 235 de Bach – Gratias (solo de basse)

et un clip vidéo :


Extrait vidéo: Choeur d’entrée du Gloria (Vivaldi) et adagio du concerto pour hautbois (Albinoni)

Vivaldi : Gloria RV 589 (ré majeur)

C’est à l’Ospedale della Pietà, fondé en 1346, qu’Antonio Vivaldi fait son entrée en 1703 en tant que maître de violon.
Il a alors 25 ans, il est prêtre depuis 6 mois, mais c’est surtout un prodigieux violoniste, qui a fait ses classes auprès de son père, Giacomo.
Il consacrera plus de 20 ans, de façon discontinue, à l’Ospedale della Pietà, où il sera nommé maître des concerts en 1716, mais n’accédera jamais au poste suprême de maestro di coro. Pourtant, entre 1714 et 1719, il assure une sorte d’intérim, et c’est pendant cette époque qu’il compose quelques-unes de ses plus belles œuvres religieuses.
Ses deux Gloria (RV 589 et RV 588) datent de cette période. Le Gloria RV 589 est le plus connu des deux ; il illustre bien le génie de Vivaldi. Il offre également une vision de ce que devait être la musique religieuse dans la Venise de l’époque, qui voulait alors se démarquer du stile antico avec ses règles strictes, en matière de contrepoint en particulier. On sent ici l’influence de l’opéra, avec des contrastes saisissants d’un morceau à l’autre.

Albinoni : concerto pour hautbois Opus 9 n° 2 (ré mineur)

Tomaso Albinoni, né le 8 juin 1671 à Venise dans une famille très aisée de marchands et mort le 17 janvier 1751 également à Venise, a été un excellent violoniste et un compositeur très fécond puisqu’il a composé  81 opéras, 99 sonates, 59 concertos et 9 sinfonias. Il était très apprécié de son vivant, y compris par Bach qui lui a même emprunté des thèmes musicaux. Malheureusement, la plupart de ses œuvres ont disparu dans les bombardements de Dresde en 1945.
On le considère comme le premier Italien ayant écrit des concertos pour hautbois et le concerto n°2 de l’opus 9 est probablement le plus connu d’entre eux.

Les « Concerti a cinque con violini, oboe, violetta, violoncello e basso continuo Opera Nona » (Concertos à cinq avec violons, hautbois, altos, violoncelle et basse continue, opus neuf) de Tomaso Albinoni ont été publiés à Amsterdam en 1722. Comme l’opus 7 édité sept ans plus tôt, l’opus 9 est un ensemble de douze concertos de trois mouvements chacun, les n° 1, 4, 7 et 10 sont pour violon solo, les n° 2 (joué ce soir), 5, 8 et 11 pour hautbois solo et les n° 3, 6, 9 et 12 pour deux hautbois.

Bach : Messe luthérienne BWV 235 (sol mineur)

En dehors des cantates, des motets, des Passions et des oratorios, Bach a laissé plusieurs œuvres sur texte liturgique. Il y a non seulement le Magnificat et la Messe en si mineur, mais aussi 4 messes dites « brèves », qui sont en fait des messes luthériennes, constituées d’un Kyrie et d’un Gloria, et dont l’exécution était réservée à des fêtes solennelles.
Ces 4 messes sont composées de 6 morceaux, d’abord le Kyrie (chœur), puis le Gloria avec 5 morceaux, le premier et le dernier étant chantés par le chœur, les autres par des solistes.
Aucune de ces messes ne semble être une nouvelle composition de Bach ; il est très probable qu’il ait repris des morceaux de ses précédentes cantates, non sans les avoir évidemment adaptés au texte grec du Kyrie et latin du Gloria.
Bien que moins connues que la messe en si mineur, ces 4 messes sont d’une  beauté égale à celle de leur grande sœur. Elles sont aussi d’une difficulté d’exécution comparable.

La messe en sol mineur (BWV 235) pourrait dater de 1738 ou 1739.
Le Kyrie est issu du premier chœur de la cantate BWV 102 (composée en 1726). Bach a dû juger que les 3 parties du chœur de la cantate convenaient parfaitement à la triple invocation : Kyrie, Christe, Kyrie. C’est un chœur monumental, qui s’ouvre dans un climat tendu (tendu aussi par la tessiture !) avant de déboucher sur un Christe apaisé en forme de fugue.
Le chœur introductif du Gloria provient du chœur d’entrée de la cantate BWV 72 (composée en 1715). C’est une véritable explosion de « Glorias », avec un intermède « Et in terra pax » empreint de douceur.
Le reste de la messe est emprunté à la cantate BWV 187 (composée aussi en 1726).
Après trois arias confiés aux solistes (basse, alto puis ténor), le chœur entre à nouveau en scène avec un « Cum Sancto Spiritu » qui est un des chefs-d’œuvre de la musique de Bach ; il se compose aussi de 3 parties, dont une fugue centrale où transparaît toute la science de Bach en matière de contrepoint.

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