Saison 2006 - 2007
Après 10 années consacrées essentiellement à la période baroque, et tout particulièrement au grand motet français, Voce Tolosa s’est tourné en 2006 - 2007 vers deux œuvres plus récentes :
· la messe brève en ré majeur de W.A. Mozart,
· le Requiem en ré mineur de G. Fauré.
Deux concerts ont été donnés, sous la direction d’Olivier Perny :
· le premier à la chapelle Sainte-Anne, le mardi 12 juin 2007,
· le deuxième à l’église Saint Jérôme, le vendredi 22 juin 2007.
Mathieu Serradell a assuré l’accompagnement au piano.
Les solistes étaient :
· Corinne Fructus, soprane,
· Elodie Nivet, alto,
· Jean-Louis Bernard, ténor,
· Jean Andreu, baryton.
Messe brève en ré majeur de W.A. Mozart
Kyrie de la messe en ré M de Mozart
Mozart a écrit la messe brève en ré majeur durant l’été 1774. Il a alors 18 ans et subit à Salzbourg l’autorité contraignante du prince-archevêque Colloredo.
Il a parcouru l’Europe et en revient imprégné de toutes les tendances musicales de l’époque. Enfant, il a rencontré Johann Schobert à Paris, Jean-Chrétien Bach à Londres, Joseph Haydn à Vienne. Puis, entre 1769 et 1773, il a fait 3 voyages en Italie, et a été formé à la polyphonie vocale par le padre Martini.
De retour de son dernier voyage en Italie, il s’adonne pour 4 ans à la « galanterie » musicale, style musical décoratif alors en vogue auprès de l’aristocratie, et développe durant ces années de détente son sens de la poésie musicale.
C’est pendant cette période qu’il compose la messe brève en ré majeur.
La messe a toujours été pour Mozart, non pas un exercice de circonstance, mais un genre à part entière, cultivé avec régularité et densité sur l’ensemble de sa présence à Salzbourg.
Les messes brèves se distinguent évidemment des messes solennelles par leurs proportions : l’effectif orchestral est plus resserré et chacune des prières est généralement traitée d’un seul trait.
La messe brève en ré majeur est une éclatante démonstration de la maîtrise acquise par le jeune Mozart dans l’art de la polyphonie vocale au service du texte sacré.
Mozart découvrira Jean-Sébastien Bach en 1782, alors que contre l’avis de son père, il a déménagé à Vienne et épousé Constance Weber. Il renouera alors avec la puissante structure baroque de style fugué qui transparaitra en particulier dans la Grande Messe en ut mineur et le Requiem.
On n’en est pas encore là : Mozart est dans une phase heureuse de sa vie et ne connait pas encore l’alternance de périodes d’angoisse et de merveilleuses accalmies qui marqueront sa vie jusqu’à sa disparition précoce et tragique.
Requiem en ré mineur de G. Fauré
Requiem de Fauré (Introït)
Requiem de Fauré (Pie Jesu)
Requiem de Fauré (Libera me)
Né en 1845 à Pamiers, mort à Paris en 1924, Gabriel Fauré fut le dernier grand musicien romantique français.
Il conjugua une carrière d’organiste à l’église de la Madeleine avec celle d’un compositeur ayant su combiner avec une grande finesse l’art de la mélodie et toutes les subtilités de l’écriture harmonique.
En témoigne son Requiem.
Profondément éprouvé par les décès successifs de son père puis de sa mère, Fauré composa la plus grande partie de son Requiem dans les premiers jours de 1888 ; le 16 janvier de cette année, une première exécution en fut donnée à la Madeleine pour accompagner le convoi funèbre d’un obscur paroissien.
A partir de ce « petit Requiem », comme le qualifiait Fauré lui-même, l’œuvre fut complétée ensuite par l’Offertoire et le Libera me. Cette deuxième version, connue aujourd’hui comme version pour orchestre de chambre, fut créée à la Madeleine sous la direction de Fauré le 21 janvier 1893. C’est cette seconde version qui est interprétée par Voce Tolosa.
Une troisième version fut conçue ultérieurement pour un orchestre plus important à la demande de son éditeur de musique. Probablement écrite par un élève de Fauré, elle fut créée le 12 juillet 1900 à l’Exposition Universelle de Paris. Cette troisième version, moins intimiste, fut la plus jouée jusqu’à ce qu’on redécouvre, au début des années 1980, le manuscrit de la 2ième version.
Bien que composé par un incroyant, le Requiem de Fauré donne une impression de douceur, d’émerveillement, d’espérance et d’humilité. Il y a bien quelques passages forte où l’on ressent la frayeur, la douleur ou le doute à l’approche de la mort mais la plus grande partie de l’œuvre est piano ou pianissimo.
C’est un peu comme si, à l’image du buisson ardent de l’Ancien Testament, Dieu nous rappelait doucement à Lui.
Ce Requiem n’a rien de suave ou de mièvre. Il est simplement lumineux et d’une grande richesse harmonique en dépit de son apparente simplicité mélodique.